Les premiers cas recensés de personnes porteuses de la maladie, que l'on n'appelait pas encore sida, apparaissent aux Etats-Unis en 1981.
On lui donne plusieurs noms, dont le "gay syndrome " car, au début, ce mal touche plus spécialement la communauté homosexuelle.
En 1982, les premiers cas français apparaissent et des médecins se mobilisent. Ainsi, le docteur Willy Rozenbaum, de l'hôpital Bichat, demande à l'équipe du professeur Luc Montagnier, Françoise Barré-Sinoussi et Jean-Claude Chermann, de l'Institut Pasteur, qui travaillaient sur les relations entre les rétrovirus et le cancer, de se pencher sur le problème. Les recherches débutent fin 1982.
Les chercheurs vont rapidement faire une découverte, à partir de la mise en culture d'un prélèvement effectué par le docteur Willy Rozenbaum sur un malade de La Pitié-Salpêtrière.
Ils isolent le virus et l'identifient sous le nom de Lymphadénopathy Associated Virus (LAV), dès janvier 1983. Cette découverte est publiée le 20 mai 1983, dans la revue Science, dans une quasi-indifférence. Les chercheurs n'arrivent par contre pas à le cultiver
Comme tout virus, le VIH se reproduit et se développe à l'intérieur des cellules d'un hôte bien spécifique. Celui du VIH est l'être humain. Il se loge plus particulièrement dans les cellules du système immunitaire et détruit certains globules blancs, les lymphocytes T4. Le virus prolifère au sein des cellules qu'il a infectées lesquelles, avant d'être détruites, produisent de nouveaux virus qui vont infecter d'autres cellules. C'est le phénomène de la réplication virale.
L'être humain a normalement dans le sang entre 800 et 1000 lymphocytes T4 par millimètre cube : on parle de sida, ou sida déclaré, lorsque le nombre de lymphocytes descend au-dessous de 200.
Toutes les personnes infectées par le VIH ne sont pas automatiquement malades du sida ; par contre, porteuses du virus, elles sont susceptibles de le transmettre.
Etre séropositif
Dès la contamination, le virus se diffuse et se reproduit rapidement dans l'organisme, puis se stabilise à un niveau qui varie d'une personne à une autre. Cette période peut passer inaperçue ou se manifester par un état grippal qui disparaît de lui même au bout de quelques semaines. Pourtant, pendant cette phase, l'organisme est envahi par le VIH : le sang et les sécrétions sexuelles sont remplis d'une grande quantité de virus, les contacts sexuels non protégés sont particulièrement infectieux.
La fin de cette phase que l'on appelle « primo infection » correspond à la période appelée « séroconversion ». Traduction : quelques semaines après la contamination, l'organisme produit des anti-corps pour lutter contre le VIH. C'est la présence de ces anticorps que l'on détecte par un test de dépistage qui permet de déclarer que la personne est séropositive. Le virus reste actif, mais se reproduit lentement et ne provoque généralement pas de signes extérieurs visibles.
Ca se soigne ?
Le sida se soigne, mais ne se guérit pas.
Au fur et à mesure de l'évolution de l'infection, le système immunitaire se dégrade et devient incapable de défendre l'organisme face à toutes sortes de bactéries, parasites, champignons, virus et à la multiplication de cellules cancéreuses. Résultat : l'apparition de maladies que l'on appelle « infections opportunistes ». Profitant de la faiblesse du système immunitaire, ces germes, inoffensifs chez les personnes en bonne santé , trouvent un terrain propice pour se développer.
La recherche a fait des progrès considérables : des traitements sont aujourd'hui disponibles qui permetttent de lutter contre la multiplication du virus, de soutenir le système immunitaire et soigner les maladies opportunistes. Malheureusement aucun traitement ou projet de vaccin n'a, à ce jour, réussi à éradiquer le VIH et permettre une guérison complète.
La transmission du virus se fait selon trois modes principaux : par voie sexuelle, par voie sanguine, par voie transplacentaire (mère/enfant).
+ La transmission sexuelle
C'est le mode de contamination le plus fréquent lorsque les rapports sont non protégés avec et que l'un des deux partenaires est porteur du VIH. Le VIH pénètre dans le corps par l'intermédiaire des sécrétions sexuelles masculines (sperme, liquide pré séminal) ou féminines (sécrétions vaginales) ou par le sang (règles) en traversant les muqueuses du vagin, de la vulve, du pénis, de l'anus ou de la bouche.
+ La transmission par le sang
Le sang contient une forte concentration de virus. Le VIH se transmet donc aussi par le sang. C'est un mode de transmission hautement contaminant, le risque étant évalué à 90%, que ce soit lors de transfusions ou lors d'injections de drogues par voie veineuse.
Après l'affaire du sang contaminé en 1985, des mesures préventives ont été prises pour s'assurer de la qualité des dons de sang récoltés.
Les usagers de drogue par intraveineuse ont été particulièrement concernés par ce mode de transmission : le partage d'aiguilles, de seringues et d'autre matériel coupant, que ce soit pour la consommation de drogues, le tatouage, le piercing, les rituels, comportent de forts risques de transmission du VIH, mais aussi de l'hépatite B et C.
+ La transmission de la mère à l'enfant
Les femmes séropositives peuvent transmettre le VIH à leur bébé pendant la grossesse, au cours de l'accouchement et de l'allaitement. En l'absence de traitement, environ 25% des femmes porteuses du virus transmettent l'infection à leur enfant.
Grâce aux traitements actuels, le risque de contamination de la mère à l'enfant est réduit de façon conséquente : on évalue ce risque à 2% en France. Malheureusement, la majorité des femmes infectées par le VIH vivent dans des pays où les traitements ne sont pas disponibles.

